ZAC du Fort d’Aubervilliers
Aubervilliers (93)
2025
ZAC du Fort d’Aubervilliers
Aubervilliers (93)
2025


De l’histoire des lieux recluse derrière sa fortification, ici l’ouverture d’un site où l’enceinte et ses talus s’effacent pour laisser place à un sol de plain-pied avec le reste de la ville.
L’axe nord-sud est préservé en s’appuyant sur les vestiges du Fort, tandis que la symétrie se revisite avec la suppression de la halle est. Ainsi, s’induit un déplacement du centre de gravité vers l’ouest. Là-bas, la halle conservée, prend toute son importance.
Enfin, les tours gendarmes sont maintenant de plain-pied avec le parc des portes et les lots G1 et G2 qui le cadrent.
L’édification de ces deux lots, permet le nouveau dialogue, entre ces tours côté Sud et les évolutions urbaines du Fort côté nord. Cette nouvelle perméabilité permet d’engager une nouvelle relation avec l’héritage bâti, ainsi ces tours dessinent un certain contour, au-delà duquel, seuls les arbres et le ciel sont visibles. Ce saut autorise la rupture d’échelle et vient créer des espaces à taille humaine, soit privés, soit publics.
Ces deux îlots semi-ouverts, entretiennent des rapports complémentaires mais bien différents ; le premier (G1) se trouve en dialogue avec la place de la halle au nord, tandis que le second (G2) s’actionne telle une limite. L’un et l’autre se font face, s’accompagnent.


La façade de ce premier îlot, constitue un enjeu majeur de cette composition. Majoritairement habité de chambres, ces percements réguliers participent à une certaine abstraction qui en diminue l’échelle. Les premiers niveaux, de leur horizontalité, accompagnent les formes voisines de la halle. Enfin, le rez-de-chaussée, accueille une surface dédiée aux commerces, prolongement de la place publique.
De l’autre côté, le second îlot, de son aspect monolithique et régulier, admet un certain dialogue avec le paysage et les formes urbaines avoisinantes. Sa forme est ici guidée par son rôle d’ancrage, essentiel à la cohérence de l’ensemble. Tous deux ouverts vers les tours, ces derniers viennent laisser passer les rayons du soleil en cœur d’îlots.

La construction vise à minimiser l’emploi de la matière. Ici, le béton est utilisé avec un souci d’optimisation poussé, minimum requis pour recevoir les façades de FOB et béton de chanvre. Les toitures des attiques sont en bois afin d’augmenter davantage la part de matériaux biosourcés.
Le complexe mur à ossature bois/chanvre/chaux-sable offre un confort optimal pour les habitants qui bénéficieront d’un air sain. Cet assemblage ancestral, que l’on sait durable et performant, est ici adapté sous une forme contemporaine. Ainsi, l’aspect minéral reprend un même langage que le Fort, sa construction apparaît alors robuste et légère.
Pour G2, la construction associe bloc de chanvre, chaux-sable et pavés de verre, articulant les loggias et les cages d’escalier. La lumière est alors une des premières actrices de cette façade.
Les murs sont conçus comme des bétons antiques. Les revêtements chaux-sable sont traités avec différentes finitions; poudre de marbre pour les bandeaux qui seront plus durs et brillants et inclusions d’agrégats blancs en réemploi pour les trumeaux.

Ces deux îlots entretiennent une certaine relation, construite par certains passages et porches qui permettent le chemin, la promenade. Les jardins en cœur d’îlots s’activent alors mutuellement et viennent créer plusieurs poches d’intimité. Côté est, un local vélo glisse le long du parc des portes pour finir au sud par un local couvert mais ouvert que nous appelons le kiosque. Clos d’une maille métallique, il est accessible par la promenade intérieure sur jardin et destiné à de multiples usages.
Le second îlot se compose de deux immeubles, l’un en L, permettant l’alignement au parc et à l’espace public et l’autre, plus petit, occupant le cœur. Les implantations transmises par la fiche de lot et le profit de cette implantation confirment un projet de 116 logements, la plupart traversants. Ces derniers sont desservis par cinq montées verticales dont ces constituantes; escaliers et paliers sont éclairés naturellement par des parois de pavés de verre. La lumière est ainsi traitée à la montée des circulations telle une cathédrale.
Sur les 19 logements de l’étage courant, 11 d’entre eux sont traversants et 5 sont des logements d’angle avec deux orientations. Ces derniers, profitant d’une pluralité de point de vues, sont réversibles grâce à une position nette de la gaine, permettant différents emplacements des pièces humides.
Les logements traversants, eux, offrent différentes vues et lumières sur les alentours, en plus d’un confort thermique évident, du fait de la ventilation naturelle nord-sud. Les terrasses et leur positionnement accentuent la régularité du plan, ou au contraire, permettent certains pivotements et changements de discours.
Au-dessus des jardins et orientée sud, une coursive se déroule et dessert, à chaque étage, 4 logements. La cuisine en profite alors et admet une fenêtre dont l’allège est à 1 m 30 du sol, créant ainsi des situations de voisinage différentes et peut-être plus amples. Cette relation de voisinage, pouvant recréer une rue ou une venelle, aide à la définition des logements comme de petites maisons.
Différentes façades communiquent et tiennent chacune un rôle déterminé. Au sud, celle-ci stabilise la volumétrie intérieure du jardin, en accueillant la façade sud-est avec le dessin des ombres superposées des coursives et en parallèle, des façades lisses et régulières.

Concevoir des logements pour les professionnel.les de l’APHD a été l’occasion de travailler sur un habitat parfaitement défini, c’est-à-dire équipé et permettant le repos. Ces habitats, et leur lumière naturelle, s’attardent à révéler les tâches domestiques quotidiennes, afin de les rendre plus faciles et agréables.
Ce projet est alimenté par des réflexions et des thématiques de l’habitat contemporain. En effet, les pièces humides telles que les salles de bains relèvent de nombreux thèmes sociétaux de premier ordre. Cette pièce de la maison porte alors la question du soin et avec elle, nombre de parallèles ; le soin du corps premièrement et ainsi les questions d’identité, d’apparence et de santé, mais aussi les questions relatives au soin des choses matérielles telles que le linge, le séchage, le repassage ou encore le rangement. Ces thématiques, souvent encore trop genrées, apparaissent comme des leviers d’actions vers plus de parité. Ainsi, donner une réelle place à ces fonctions permet de les visibiliser et de les centraliser à un endroit privilégié.
Ici, ces éléments s’organisent tel un module avec un espace pour cuisiner, pour se laver, pour ranger et enfin un espace extérieur.













